Sur les traces de la cité sacrée des Incas

Cusco,
Le 14 juillet 2008

Chers Internautes, Chers amis,


Thierry Jamin

Le départ de mon équipe étant proche, j’ai tenu à ce que vous en soyez les premiers informés et je désirais aussi vous faire connaître les détails de cette expédition “Antisuyu 2008”, que nous pensons si décisive.

Après une dizaine d’années de recherches passionnées, au coeur de la jungle du Madre de Dios, dans le sud-est du Pérou, sur les traces de la présence permanente des Incas en forêt amazonienne péruvienne, mon équipe et moi avons acquis la certitude de l’existence d’un grand “centre de population” caché quelque part dans la zone réservée du parc national du Manú.

L’année 2006 a été pour nous une année charnière. Elle nous a permis de mieux comprendre le message de pierre gravé sur la paroi principale de Pusharo. Nous avons pu localiser une douzaine de sites naturels ou archéologiques, signalés de manière très  précise sur cette “carte géographique mémoire”. Une carte réalisée par les Incas vers la fin du XVème siècle pour leur permettre de se déplacer dans la jungle sans se perdre, jusqu’à un lieu de destination encore inconnu…

Des indications recueillies auprès des Natifs de la forêt, l’étude d’une vieille carte mentionnant l’emplacement de deux étranges “lacs” parallèles, l’examen attentif de cartes modernes et de clichés satellites nous ont permis de localiser, au nord de la cité de Mameria, une zone géostratégique exceptionnelle présentant de grandes similitudes avec l’emplacement du Machu Picchu.

Si les Incas ont bien vécu dans cette région, ce que demontre la découverte de Mameria (1979), il nous semble impossible, connaissant leur stratégie d’implantation humaine, qu’ils n’aient pas remarqué l’intérêt particulier de ce site ceinturé par d’énormes étendues d’eau. Un site inexpugnable où ils pouvaient construire une grande ville, comme a pu l’être Païtiti… 

L’objectif de l’expédition “Antisuyu 2008” est d’aller vérifier sur place l’existence -ou l’absence- d’un site archéologique majeur à l’endroit repéré. Ici se cache peut-ètre l’ancienne capitale de l’Antisuyu inca et bien plus encore…

La difficulté est d’atteindre cette zone reculée qu’aucune expédition moderne n’a encore jamais explorée. Située à quinze kilomètres au nord de Mameria, elle est localisée sur le territoire des Indiens Kuga Pakuris. Il s’agit d’une tribu de la branche des Amawakas dont la réputation est assez mauvaise.

C’est en traversant ce territoire que disparurent en effet Serge Debru et ses deux compagnons, Bob Nichols et Georges Puel, en 1971, lapidés, dit-on, par les Kuga Pakuris. C’est aussi en approchant de cette zone que disparut, en 1997, l’explorateur scandinave Lars Hafksjold. Les responsables de l’INRENA de Cusco nous ont d’ailleurs mis en garde : nous devrons pénétrer dans la région en connaissance de cause. Les membres de mon groupe ont dû signer une décharge, par laquelle chacun reconnaît et assume les risques de cette expédition.

Après des mois de préparation, notre équipe est enfin prête à partir. J’ai le plaisir de vous annoncer notre départ pour le 20 juillet prochain. Cette campagne d’exploration devrait durer un mois.


Zone de recherche

Nous partirons de Cusco en 4X4 vers le nord et la vallée de Lacco. Dans le petit village de Colca, nous abandonnerons une partie importante de notre logistique. L’un d’entre nous, Juan de Dios, sera chargé de veiller dessus le temps nécessaire. Puis nous continuerons notre route jusqu’au terminus de la piste. Là, nous laisserons nos trois 4X4 pour charger nos affaires sur des mules. Nous prendrons alors la route du Parc Nacional du Manú et de Mameria. Nous devrons ensuite nous passer des mules pour terminer le chemin à pied, à travers les cols andins de la Quebrada de la Merced et la forêt du Manú.

Nous devrions atteindre Mameria une semaine après notre départ de Cusco. Là, nous nous installerons près du site durant plusieurs jours afin d’y réaliser une première étude scientifique. Celle-ci n’a jamais été réalisée depuis sa découverte en 1979, par mes amis Nicole et Herbert Cartagena. Nous serons également en contact avec la communauté machiguenga qui vit encore dans cette zone.

Le 1er août suivant, jour de la Pachamama, notre Mère Nature, un hélicoptère Alouette de la société Helinka, partira de Cusco avec à son bord un “Superviseur” de l’INC Cusco et Nicole de Cartagena. Direction Mameria. Voilà trente ans que Nicole rêve de revenir sur les lieux de sa découverte et de retrouver ses amis Machis… Ne serait-ce que l’espace de quelques heures.

Parvenu à Mameria, l’hélicoptère doit m’emmener ensuite, en compagnie de l’archéologue péruvien Raúl del Mar et de mon compagnon Hermo, à quinze kilomètres plus au nord, sur la zone même de notre exploration. Un premier vol de reconnaissance et la recherche d’un lieu adéquat pour établir notre camp de base.

Après quoi l’hélico aura pour tâche de ramener la logistique laissée à Colca et de déposer toute l’équipe à l’endroit choisi dans la “zone rouge”, avant de rentrer sur Cusco.

Puis ce seront vingt jours environ d’exploration. Nous devrions être fixés assez rapidement sur la présence (ou non) de la cité de nos recherches.

Grâce au système satellitaire INMARSAT, nous pourrons envoyer régulièrement des informations et des images sur un blog spécialement aménagé à cet effet. Vous pourrez suivre, presque “en direct”, l’avancée de cette exploration depuis le coeur de la forêt amazonienne péruvienne.  En cas de découverte, vous serez à l’avant poste ! Il suffira d’aller à l’adresse suivante : http://antisuyu.granpaititi.com. Un lien direct vers ce blog sera aussi installé sur la page d’accueil de notre site Internet, que vous connaissez déjà : www.granpaititi.com.

Grâce à un partenariat avec la société TELESPAZIO France, et par la magie de la technologie de géolocalisation de la balise satellite SPOT TELIVIZIO, vous pourrez également nous localiser directement par un système de cartographie satellite, accessible depuis le blog. On n’arrête pas le progrès !

Mes compagnons et moi avons vraiment l’impression que nous touchons enfin au but, que la réponse à ces années de recherches se cache quelque part, là où nous irons dans quelques jours maintenant. La clé y est cachée, j’en suis convaincu. Une partie importante de l’histoire oubliée de l’Amérique précolombienne va peut-être resurgir bientôt de ce coin perdu de la forêt amazonienne. La solution est proche. Nous la sentons imminente.

J’aimerais vous remercier personnellement, vous qui suivez fidèlement la progression de ces recherches depuis toutes ces années.

Merci à tous ceux qui nous ont envoyé des messages d’encouragements et qui nous ont manifesté leur affection et leur soutien moral. C’est très réconfortant et cela fait chaud au coeur.

J’aimerais aussi remercier tous ceux qui ont fait que cette nouvelle campagne de recherche soit possible, au premier rang desquels Mario Martinez. C’est à lui que je dois le financement de la quasi totalité de cette coûteuse opération d’exploration. C’est un homme incroyable aux qualités humaines exceptionnelles.

Merci infiniment à mon Web Master, Mister “Al”, sans qui mon site web, le blog et ce lien entre vous et nous seraient impossibles. C’est aussi un passionné du Pérou et de la recherche de Païtiti…

Merci à Michel Burtey, Rémi Alquier, Fabienne Reschly, Anna et Pavel Cartagena, pour leur soutien précieux et super efficace !

Et merci enfin à mes amis Herbert Cartagena, Christian Fardou et Emma Bao sans lesquels cette opération 2008 ne serait également pas possible.

En espérant que la Pachamama et les Apus des Andes et de la forêt nous accompagnent, je vous donne rendez-vous dans quelques jours sur le blog de l’expédition pour suivre nos avancées sur les traces de la ville perdue des Incas.

Encore mille mercis à tous et à très bientôt !


De gauche à droite : Raúl, l’archéologue, Calixto, un jeune Machi, Hermo, notre spétialiste en sauvetage en haute montagne, Alain, notre Webmaster, et Thierry, l’explorateur…

Déjà parus :
Thierry Jamin, “Pusharo, la memoria recobrada de los Incas”, Lima, noviembre 2007.
Thierry Jamin & Pierre-Albert Ruquier, “L’Eldorado inca. A la recherche de Païtiti”, éd. Hugo & Cie, Paris, novembre 2006.

Internet :
www.granpaititi.com
http://antisuyu.granpaititi.com

© Thierry Jamin 2008 - www.granpaititi.com
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