En direct de la jungle !
Pour la première fois, grâce au système satellite Inmarsat et grâce à la balise de géo-localisation Spot Televizio de Telespazio France, suivez au jour le jour les avancées de l’expédition "Antisuyu 2008 ".

Après des années de recherches dans la zone réservée du Parc National du Manú, dans le département péruvien du Madre de Dios, sur les traces de la présence permanente des Incas en forêt amazonienne, et après l’officialisation, en septembre 2006, de la découverte de nouveaux pétroglyphes dans le secteur de Pusharo et des premiers géoglyphes jamais signalés en pleine forêt tropicale, Thierry Jamin et son équipe pensent avoir localisé un site archéologique majeur :
"Il s’agit d’une zone présentant les mêmes particularités géo-stratégiques que Machu Picchu", explique Thierry Jamin. "Situé à une douzaine de kilomètres au nord de la cité de Mameria, l’endroit paraît inexpugnable. Si les Incas connaissaient bien cette région (et nous savons que c’est le cas, comme le démontre Mameria), ils pourraient y avoir construit une grande ville. C’est aussi ce que semblent indiquer les pétroglyphes de Pusharo. Nous voulons vérifier cette hypothèse. S’il n’y a rien, ce sera au moins çà d’établi. Mais s’il y a quelque chose, ce ne peut être que quelque chose de très important".
Soyez les premiers à tout connaître sur les résultats de l'expédition "Antisuyu 2008" !
Suivez sur ce blog, au jour le jour, les avancées de l’équipe de Thierry Jamin…

À bord d’un hélicoptère Alouette de la compagnie Helinka, Thierry Jamin scrute la jungle à la recherche d’indices… (Photo : Thierry Jamin, décembre 2008)
Comme nous vous l'annoncions le 24 décembre dernier, depuis notre base d'opérations de Villacarmen (Pilcopata), nous avons lancé voici quelques jours notre phase de reconnaissance aérienne de notre zone d'exploration.
Il faut croire que la Virgen del Carmen, la Pachamama et les Apus ont entendu nos prières, car le jour choisi pour réaliser le survol, le temps s'est miraculeusement arrangé, après deux jours de pluies diluviennes sur Villacarmen et le sud du Parc National du Manú.
Avec un hélicoptère Alouette de la compagnie Helinka, nous avons donc remonté la vallée du Piñi-Piñi puis celle du rio Maestrón, dans des conditions climatiques idéales. L'un des objectifs était de survoler à très basse altitude l'ensemble du périmètre d'exploration de la future expédition de terrain, afin d'étudier sa configuration géographique de manière à déterminer le lieu le plus approprié pour installer notre futur camp de base. L'idée était aussi d'étudier notre fameuse "Zone Rouge"...
Cette reconnaissance aérienne, plus qu'utile, était indispensable. Elle a confirmé l'intérêt de notre équipe pour cette zone reculée du Parc National du Manú. Pour des raisons évidentes, nous communiquerons toutes les données recueillies durant ces vols de reconnaissance à l'issue de la campagne de terrain, prévue pour la prochaine saison sèche.
Nous avons réalisé à cette occasion plusieurs centaines de prises de vue et un film vidéo que nous allons maintenant étudier attentivement durant les semaines à venir. Une copie intégrale de ces documents uniques sera également remise aux autorités péruviennes (INRENA & INC) après l'expédition.
Chers Amis & Internautes,
Ce rapport est le dernier de la campagne "Antisuyu 2008". Je vous donne rendez-vous en avril prochain pour le lancement de l'expédition "Antisuyu 2009".
Je vais quant à moi rentrer quelques semaines en France pour préparer cette opération qui s'annonce, nous en sommes persuadés, décisive...
Au nom de tout mon groupe, j'aimerais vous remercier pour vos nombreux messages et vos soutiens amicaux constants qui nous ont si souvent remonté le moral, notamment pendant ces longues périodes de discussions avec les autorités locales pour l'obtention des autorisations.
J'aimerais enfin remercier tous ceux qui nous soutiennent, sans lesquels ces recherches en Amazonie péruvienne, sur les traces de la reine des cités perdues, seraient irréalisables :
J'ai une dette particulière à l'égard de Mario Martinez. Sans lui, cette campagne d'exploration serait tout simplement impossible. Les hommes comme lui sont malheureusement bien rares. Au nom de tous mes compagnons et en mon nom personnel, je tiens à lui exprimer ma reconnaissance éternelle.
Un grand merci également à Remi Alquier, de Telespazio France, à Isabelle Guidolin, de Spot Image, à Philippe Heraclès, du Cherche Midi Éditeur, à Alain Bonnet, de l'Agence Prodiris, ainsi qu'à Michel Burtey, Emma Bao, Christian Fardou et Fabienne Reschly.
Ces personnes m'appuient de manière efficace tout au long de l'année. Sachez, mes amis, que sans vous rien ne serait possible. Nous attendons aujourd'hui beaucoup de notre prochaine expédition de terrain, au royaume du Gran Païtiti. Le succès de cette entreprise -s'il y en a un !- sera aussi le vôtre. La Science et la Connaissance ont souvent progressé ainsi...
Je vous dis donc à Tous À Très Bientôt & vous souhaite une merveilleuse année 2009.
Bien Fidèlement À Vous,
Thierry Jamin

Sur la route de Villacarmen, Thierry Jamin et Herbert Cartagena font le point de leur position avec la balise SPOT, de Telespazio France. (Photo : Thierry Jamin, décembre 2008)
Chers Internautes et Amis,
Vous avez été très nombreux à suivre, durant des mois, les avancées du projet "Antisuyu 2008". Vous avez aussi été très nombreux à me soutenir face aux difficultés rencontrées avec certaines autorités locales péruviennes.
Sachez combien vos messages d'encouragement nous ont fait chaud au coeur.
Aujourd'hui, 24 décembre 2008, nous sommes toujours en attente d'un document official de l'INC qui ne devrait plus tarder à présent. Il s'agit d'une Résolution Directorale Nationale, portant sur la prolongation de notre permis actuel. Tous ces retards accumulés ont bien évidemment eu des conséquences sur le permis que l'INC nous avait accordé en octobre 2007, pour une durée d'un an.
Nous devrions donc recevoir très prochainement cette "Résolution" autorisant mon groupe à mener à bien ce projet d'exploration dans la region de Mameria... et plus au nord.
La coordination avec les différentes institutions concernées par ces investigations ont été réalisées durant ces derniers mois : Direction Nationale de l'Instituto Nacional de Cultura (INC-NACIONAL), Instituto Nacional de Recursos Naturales (INRENA-Lima), Instituto Nacional de Desarrollo de los Pueblos Andinos y Amazónicos (INDEPA), Ministerio de la Mujer y del Desarrollo Social (MIMDES), Ministerio de Salud (CENSI).
Et nous avons le soutien des autorités politiques de Lima (Présidence du Conseil des Ministres) et du Département de Madre de Dios (Président du Gouvernement Régional de Madre de Dios, Gouverneur Provincial de Tambopata, INC-Madre de Dios, Direction du Patrimoine Historique, Defensora del Pueblo, MIMDES-MDD, etc.).
Malheureusement la saison des pluies s'est maintenant bien installée au Pérou et il est désormais impossible de réaliser cette expédition de terrain dans les conditions de recherche et de sécurité nécessaires au succès de cette entreprise. La forêt a ses lois. Ne pas tenir compte de ces règles conduiraient sans nul doute ce projet à un échec certain. Le plus important étant de préserver les vies humaines dont j'ai la responsabilité. La tâche ne sera déjà pas simple en conditions habituelles...
J'ai donc pris la décision, il y a deux ou trois semaines de cela, de reporter cette expédition, si décisive, pour le début de la prochaine saison sèche. Nous aurons alors toutes les autorisations en main.
La campagne 2008 est-elle pour autant terminée ? Et bien non !
Avec la compagnie Helinka, nous préparons actuellement depuis l'ancienne hacienda de Villacarmen (Pilcopata) une opération de reconnaissance aérienne de notre future zone d'exploration. Cette phase préalable -et indispensable !- était par ailleurs prévue dans la campagne 2008.
L'objectif est de reconnaître à très basse altitude la totalité du périmètre dans lequel, nous en sommes convaincus, se cache la plus extraordinaire des cités perdues incas. L'idée est d'étudier le milieu naturel de notre "Zone Rouge" pour déterminer les moyens d'accès terrestres les plus appropriés, depuis le secteur de Mameria, ainsi que les aires possibles pour un futur Camp de Base. Et si nous avons de la chance, nous devrions aussi apercevoir quelque chose...
Nous sommes donc partis voici déjà quelques jours de Cusco en 4X4. Nous, c'est-à-dire Herbert Cartagena, Edward Valenzuela Gil, un cameraman et moi-même. Direction Villacarmen. Comme en 2005, la propriété de mes amis Grételle et Abel Muñiz nous servira de base d'opérations. Un hélicoptère Alouette partira bientôt de Cusco sans passager, mais avec le plein de carburant, et nous y rejoindra.
De là, nous réaliserons les survols en remontant les vallées du Piñi-Piñi et du rio Maestrón. Et avec un peu de chance, nous aperceverons quelque chose...
La seule inconnue reste naturellement le climat. S'il pleut, on ne pourra rien faire...
En espérant que la Virgen del Carmen, la Pachamama et les Apus des Andes et de la forêt amazonienne nous accompagnent, je vous donne rendez-vous dans quelques jours sur le blog de l'expédition pour connaître les résultats de cette opération sur les traces de la ville perdue des Incas.
Encore mille mercis à tous !
Bonnes Fêtes de Fin d'Année & À Très Bientôt !
Thierry Jamin

Fac-similé de notre permis actuel de l’INC-Lima. Nous attendons actuellement le document prolongeant sa validité.
Nous sommes toujours dans l'attente de la Résolution Directorale Nationale de l'INC-Lima, confirmant la prolongation de notre permis actuel.
Nous travaillons parallèlement à la préparation des prochaines opérations de recherches, qui débuteront vers la fin de ce mois. Je vous les détaillerai lorsque nous aurons enfin tous les documents en main...
Les fêtes de fin d'année approchent. Qui aurait pensé que nous serions encore à attendre ces permis à cette époque ?

Sur le terrain, les pluies seront l’obstacle principal de notre prochaine campagne. (Photo : Thierry Jamin/Christian Fardou, août 2006)
Nous sommes tous sur le pied de guerre en ce moment, dans l'attente de recevoir la nouvelle Resolution Nationale de l'INC, confirmant notre permis actuel. Ce document à une validité de un an et devrait nous servir également pour la campagne de 2009.
Ce document en main, il nous faudra retourner à la Jefatura du Parc Nacional du Manú (Cusco) pour fixer les modalités de notre future expédition dans la zone interdite du parc.
Nous nous acheminons vers une campagne de recherches qui aura lieu en décembre. Ce ne sera pas les meilleures conditions. Mais nous ferons le maximum...

Perú 21, Année VII, N° 2275, du mardi 11 novembre 2008.
Aujourd'hui vient de paraître au Pérou un article assez important sur ma prochaine expédition. Le journaliste évoque assez longuement les découvertes que nous avons réalisées lors de la campagne de 2006 à Pusharo. Il évoque aussi les retards accumulés depuis le mois de mai dernier, notamment à cause de l'Inrena...
Mais l'esprit du texte est un peu trop consensuel à mon goût et ne reflète malheureusement pas véritablement le ton de l'interview initiale.
Mais il y aura d'autres rendez-vous, avant et après cette campagne, pour des explications plus franches...
L'article est aussi en ligne sur le site de Perú 21 : http://peru21.pe/noticia/220880/buscan-ciudadela-perdida-incas-selva-manu

L’espoir d’un peuple. (Photo : Le Figaro, novembre 2008)
Comme convenu, Raúl et moi avons joint l'archéologue Carlos Robles (Sous-Direction des Affaires Archéologiques et Cadastre), en charge de notre affaire.
Carlos Robles nous a informé ce matin que la commission technique des investigations archéologiques avait approuvé hier notre demande de prolongation de permis, lors de sa dernière réunion. Cette approbation doit maintenant faire l'objet d'une nouvelle "Résolution Nationale" et passer dans différents services, avant d'être signée, par Madame Cecilia Bakula, Directrice Nationale de l'INC. Cela pourrait prendre encore une quinzaine de jours.
Nous allons essayer d'accélérer la procédure à partir de lundi prochain. Éventuellement, nous ferons un saut à Lima lundi ou mardi.
D'hores et déjà nous tenons à remercier les responsables de l'INC, qui ont conscience, semble-t-il, de l'urgence d'un règlement rapide de ce dossier.
Bien que cela soit sans relation avec l'objet de ce blog, j'aimerais néanmoins terminer mon rapport pour exprimer ma joie immense face l'élection du nouveau président américain. Il porte en lui les espérances de millions de personnes à travers le monde. Bonne chance à lui !

Plus que jamais, notre équipe reste soudée et prête à remplir sa mission… (Photo : Thierry Jamin/Christian Fardou, août 2006)
Voilà déjà plusieurs semaines que nous devrions avoir obtenu ce document de l'INC-Lima. Après plus de cinq mois d'attente pour l'obtention du permis de l'INRENA, nous voici bloqués de nouveau par l'INC.
Nous savons que des interventions personnelles ont eu lieu à diverses reprises entre un responsable des Aires Protégées de l'INRENA de Lima et un responsable de la Division Archéologique de l'INC de Lima, afin de ralentir au maximum la délivrance de cette simple prolongation de permis.
Nous verrons demain ce que la Commission Technique des Projets Archéologiques aura decidé, concernant ce Projet Antisuyu 2008.
Nous attendrons le temps nécessaire. Et s'il nous faut partir le 31 décembre, nous fêterons le Nouvel An en forêt. Ce n'est pas un problème. Notre équipe est prête à se mettre en route à tout moment. Plus que jamais, nous restons sur le pied de guerre.
Au nom de tout mon groupe, j'aimerais aussi exprimer ma reconnaissance à tous les Internautes qui m'écrivent et qui nous encouragent. Je ne peux malheureusement pas répondre à tous. Mais sachez que vous êtes tous dans nos coeurs.

Logo INC-NACIONAL.
Une commission s'est réunie jeudi dernier, à la Direction Nacionale de l'Instituto Nacional de Cultura, concernant notre demande de prolongation de notre permis actuel. La décision avait été prise de nous l'accorder, compte tenu des retards acumulés du fait de l'INRENA...
Un responsable de l'INC nous a fait savoir lundi dernier que deux des membres de cette commission avaient émis de souhait d'avoir entre les mains le document original de notre demande de prolongation, laquelle avait été envoyée par fax à l'INC... (ou comment faire simple, lorsqu'on peut faire compliqué !)
Un autre responsable de l'INC-Lima, qui désire conserver l'anonymat, nous a affirmé hier qu'un responsable de l'INRENA (de la Direction des Aires Protégées) avait récemment contacté l'un de ses "amis" à l'INC, pour lui demander de "retarder" au maximum l'envoi de ce document...
Je veux qu'ils sachent que nous n'abandonnerons jamais ce programme de recherche. Nous attendrons le temps nécessaire, mais nous partirons, fut-ce en décembre.
Samedi dernier, Cusco a connu sa première grande pluie tropicale. Certaines rues, littéralement transformées en rivières, étaient inondées par une eau chocolat. En forêt, notre camp aurait été laminé !

Ce mercredi dernier, Raúl à plutôt le sourire en franchissant le seuil de la Jefatura de Cusco. (Photo : Thierry Jamin)
Nantis de la lettre de Jorge Ugaz, Intendant Général des Aires Protégées de l'INRENA-LIMA, par laquelle la Direction Nationale de l'INRENA nous autorise à pénétrer dans la zone interdite du Parc Nacional du Manú, nous nous sommes rendus comme prévu, mercredi matin, à la Jefatura du parc, afin de régler les détails de notre prochain départ.
Avec Amilcar Osorio, nous avons passé en revue les différentes formalités, accomplies depuis ces cinq derniers mois (!).
Tout est-il enfin résolu et en ordre ? Que néni ! Selon le chef du parc, il ne resterait désormais qu'une dernière formalité à remplir. Ce dernier nous demande à présent une lettre de la Direction Nationale de l'INC, confirmant que notre permis est toujours valide...
Raúl et moi avons contacté dans ce sens, hier et aujourd'hui, Yuri W. Castro Chirinos, Directeur National de la Division Archéologique de l'INC. Il ne reste plus qu'à attendre ce nouveau document qui devrait être rapide.
Par chance, les pluies se font actuellement discrètes sur Cusco. Cela pourrait donner une tendance de ce qui se passe aussi peut-être en forêt...
Nous allons réviser toute notre logistique durant le week-end.

Le Despacho de notre dernier “pago a la Tierra” se consumme rapidement dans les flammes. Que la Pachamama et les Apus nous accompagnent ! (Photo : Thierry Jamin, août 2008)
De retour cet après-midi d'un bref voyage à Lima, un mail de Carlos Panduro, Intendant des Aires Protégées, m'a annoncé que l'INRENA-LIMA avait enfin reçu le document de l'INDEPA, émettant un avis favorable sur notre entrée dans la zone réservée du Parc National du Manú. Son message était accompagné d'une lettre signée par Jorge Ugaz Gómez, Intendant Général des Aires Protégées nous autorisant officiellement à entrer dans le parc, dans le cadre de l'opération "Antisuyu 2008".
La lettre nous demande de nous mettre dès à présent en rapport avec la Jefatura de Cusco afin de coordonner notre prochain départ. Nous irons dès ce mercredi matin, Raúl et moi, rencontrer Amilcar Osorio, pour tout mettre au point.
Mes chers amis, vous devinez ma joie personnelle et le soulagement de toute mon équipe et de tous ceux qui accompagnent ce projet depuis ces dix années écoulées...
Je me suis réuni ce soir avec mes compagnons de route Raúl, Hermogenes et Melque, Nous avons déjà arrêté notre date du départ. Nous vous la communiquerons dans la semaine dès que la Jefatura de Cusco nous l'aura validée.
À Très Bientôt À Vous !
Amicalement,
Thierry Jamin

Logo INRENA.
Comme prévu, nous avons contacté hier matin Lorenzo Beck Alarco, Directeur des Opérations des Aires Protégées, pour connaître la réponse définitive de l'INRENA, concernant notre autorisation d'entrée dans la zone interdite du Parc Nacional du Manú.
Lorenzo Beck nous a informé qu'un "avis positif" était ressorti de leur réunion avec l'INC-NATIONAL et l'INDEPA, mercredi dernier. Mais il manquait toujours le document officiel de l'INDEPA, signé par son représentant, M. Hector Valer, autorisant l'INRENA à nous délivrer le permis. Ce fameux document de l'INDEPA devait être faxé hier après-midi à l'INRENA. Et nous devions donc rappeler Lorenzo Beck, ce matin très tôt, pour connaître enfin la decision de l'INRENA.
Nous avons donc appelé celui-ci, comme convenu, à l'heure dite. Une secrétaire nous répond qu'aucun document de l'INDEPA ne semble être parvenu à l'INRENA hier... et que Lorenzo Beck est parti en voyage jusqu'à Jeudi !
Cette situation, qui dure depuis plus de quatre mois est assez pénible, voire inadmissible. La manière irrespectueuse dont notre équipe est traitée depuis tout ce temps est absolument indigne et scandaleuse.

Macana de filiation culturelle inca, découverte en 2006 dans le secteur nord du pongo de Meganto. (Photo : Thierry Jamin, octubre 2008)
L'Inrena, l'Indepa et l'Inc devaient se réunir mercredi dernier dans une ultime (?) réunion de coordination concernant l'expédition "Antisuyu 2008". Lorenzo Beck et Carlos Panduro, que j'ai rencontré à Lima mercredi dernier m'ont informé que nous aurions la réponse définitive de l'Inrena demain lundi... Cette semaine devrait donc être decisive.
Malgré les pluies qui commencent à arriver, nous tiendrons le cap ! Il est hors de question de reporter une nouvelle fois cette campagne. Nous attendrons le temps nécessaire (ce que nous avons fait, depuis plus de quatre mois !), mais nous partirons. Il y a encore de la marge.
L'explorateur américain, Gregory Deyermenjian, vient quant à lui d'achever sa campagne de recherche de cette année, réalisée dans la cordillère de Paucartambo. Le but de son expédition était de reconnaître un ancien chemin de pierre inca se dirigrant vers la région du rio Callanga, territoire du Gran Païtiti. Il n'a pasé té déçu. Un poste de garde inca a été mise au jour par son équipe, contrôlant, semble-t-il, l'accés vers le nord... Bon travail !

Sorti il y a quelques mois en Allemagne-U.E. : le DVD du film que nous avions tourné en 2005 avec Florian Pfeiffer, pour la ZDF…
Je me suis donc rendu, mercredi dernier, au siège de l'INRENA, situé à San Isidro (Lima). J'y ai rencontré M. José Luis Camino Ivanissevich, Jefe del INRENA, accompagné de M. Lorenzo Beck Alarco, Directeur des Opérations Techniques des Aires Naturelles Protégées. Discution très courtoise, presque amicale.
Lorenzo Beck Alarco m'a réitéré plusieurs fois que mon projet de recherche avait fait l'objet d'une étude approfondie et que l'INRENA ne s'opposait pas à notre entrée dans la zone rouge du parc national. Ils attendaitent toujours l'opinion de l'INDEPA, qui se faisait attendre.
José Luis Camino Ivanissevich a personnellement chargé Lorenzo de rencontrer les responsables de l'INDEPA jeudi ou vendredi derniers. Et l'INRENA devrait nous faire connaître sa réponse définitive (oui ou non), au plus tard mardi.
Un haut représentant de l'INRENA, peut-être Lorenzo lui même, se joindrait à notre équipe.
Il faut donc encore patienter quelques jours... Mais d'ores et déjà, l'INRENA connaît notre date possible de départ.

Raúl del Mar Ismodes et Thierry Jamin, Plaza de Armas à Cusco. Plus que jamais unis malgré les obstacles ! (Photo : Mario Martinez, Thierry Jamin, août 2008)
Chers Internautes & Amis,
Nous devions vous communiquer ce week-end notre date officielle de départ pour l'opération "Antisuyu 2008" et vous expliquer dans quel cadre légal nous allions opérer. La vie étant souvent pleine d'imprévus et de rebondissements, nous devons encore attendre quelques jours avant de vous donner cette date, qui est déjà arrêtée.
Je dois en effet me rendre de nouveau à Lima en milieu de semaine afin de rencontrer M. José Luis Camino Ivanissevich, Jefe de l'INRENA. C'est la plus haute autorité de cette administration après le Ministre de l'Agriculture. Nous nous sommes longuement entretenus par téléphone ce matin. José Luis Camino semble bien avoir conscience du problème actuel et souhaite le régler au plus tôt. Il doit rencontrer mardi les responsables de l'INDEPA et m'a assuré que la question du permis serait réglée dans la semaine. Nous devons nous voir mercredi prochain à l'INRENA.
Quoiqu'il en soit, nous partirons bientôt ! Nous saurons dans quelques semaines ce qui se cache, au-delà de Mameria...

Dans le hall principal du Théâtre Municipal de Cusco, ce lundi 15 septembre… (Photo : Thierry Jamin, septembre 2008)
Après des mois de patience et après avoir accompli scrupuleusement toutes les demandes des institutions péruviennes -en particulier de l'INRENA-, notre équipe communiquera sur ce blog, le week-end prochain, la date officielle du départ de l'expédition "Antisuyu 2008".
Nous vous expliquerons également dans quelles conditions, pour le moins "inédites", aura lieu cette campagne d'investigations, sur les traces de la présence permanente des Incas en Amazonie.
Pendant ce temps, depuis quelques jours, le Théâtre Municipal de Cusco accueille une exposition photo consacrée à nos dernières recherches sur le site de Pusharo...

Détail de l'une des dernières scènes satellitaires prises par Spot V en août 2008 sur notre zone de recherche... (Photo : CNES, Août 2008 - Distribution Spot Image)
J'ai passé une grande partie de la semaine dernière à Lima. Je suis rentré vendredi sur Cusco, sans permis... et un peu déprimé ! La situation n'a guère évolué. Le problème vient désormais de l'INDEPA. Nous attendons leur autorisation, qui semblait pourtant acquise la semaine dernière. Et il est impossible de savoir ce qui bloque à présent.
Les responsables de l'INRENA, quant à eux, n'attendent plus que ce document pour nous délivrer le permis. C'est en tout cas ce qu'ils nous assurent...
Je vais donc repartir une nouvelle fois sur Lima mercredi prochain, pour tenter de débloquer cette situation. Dussions-nous partir à la saison des pluies, nous n'abandonnerons jamais. Nous irons jusqu'au bout. QU'ILS le sachent.
Je terminerai mon rapport par une nouvelle plus positive : Isabelle Guidolin, de la Société Spot Image, m'a adressé, voici quelques jours, les toutes dernières images de ma zone de recherche, prises il y a quelques jours seulement avec la technologie de leur plus récent Satellite d'Observation de la Terre : Spot V !
Les images réalisées sont vraiment stupéfiantes ! Elles vont sans doute beaucoup nous aider pour mieux comprendre le terrain, afiner nos analyses et localiser ce que nous recherchons...
J'aimerais exprimer à Isabelle toute ma reconnaissance pour ces dix années d'un partenariat extraordinaire !

Notre secteur de recherche, d’après le navigateur Google Earth…
Je suis rentré de Lima hier après-midi, en compagnie de mon ami Raúl. Vingt heures de bus à travers les cordillères. Un périple magnifique, mais quand même un peu long ! Nous sommes restés une semaine dans la capitale péruvienne pour tenter de satisfaire aux "dernières" exigences de l'INRENA. Nous devions pour cela nous coordonner avec l'INDEPA, l'Institut National pour le Développement Des Peuples Andins et Amazoniens. Cet Institut est situé au neuvième étage du Ministère de la Femme et du Développement Social (MIMDES), Jirón Kamana, dans le centre de Lima.
Je dois souligner l'excellent accueil que nous ont réservé les responsables de cette entitée dédiée à la défense des droits des peuples natifs. Ils préparent actuellement une "Résolution" nous autorisant à pénétrer, sous certaines conditions, dans la zone interdite du Parc Nacional du Manú. L'Intendance de l'INRENA de Lima attend actuellement ce document pour nous délivrer notre permis
Je repars donc pour Lima dès demain, mardi 9, afin de boucler ces dernières tractations. J'espère que je pourrai enfin rentrer à Cusco le permis en main.
Nous avons déjà une nouvelle date de départ. Je la donnerai sur ce blog, dès que j'aurai les documents en possession...

À quelques jours de notre départ, en France, le magazine “Les Grands Secrets de l’Archéologie” consacre son dernier numéro à cette expédition “Antisuyu 2008”. (N° 9, Collection, Août-Septembre-Octobre 2008)
Comme nous l'avait demandé l'Intendance des Aires Protégées de l'INRENA-Lima, nous sommes entrés en contact avec les responsables de l'INDEPA et leur avons présenté les objectifs de notre opération d'investigation archéologique. Celle-ci est strictement à caractère archéologique et il n'est nullement question de rentrer en relation avec les tribus non contactées.
A titre exceptionnel, l'INDEPA s'est prononcée en faveur de notre entrée dans la zone interdite du Parc National du Manú et a recommandé officiellement à l'INRENA de nous délivrer le fameux permis.
Nous avons rendez-vous, Raúl et moi, mardi prochain, 2 septembre 2008, à l'INRENA de Lima, avec M. Carlos Panduro, Intendant des Aires Protégées, afin de définir ensemble les modalités du permis. Si tout va bien, nous devrions rentrer à Cusco mercredi prochain avec ce précieux document. Le départ de l'expédition "Antisuyu 2008" aurait alors lieu vers la fin de la semaine prochaine.
Pour l'heure, je pars dans quelques heures en Bolivie pour régler, auprès du Consultat du Pérou à La Paz, ma situation légale comme Résident français au Pérou. Retour prévu à Cusco, samedi prochain.
Nouveau départ ensuite, pour Lima cette fois, avec mon ami Mario et Raúl, afin de rencontrer les responsables de l'INRENA. Pour Mario, ce sera aussi le retour vers l'Europe, lundi prochain...
Mes amis, la solution est proche !

Nicanor, un Machiguenga de la communauté de Yomybato. Son frère a rapporté l’affaire de la contamination du virus de la grippe par l’équipe de CICADA, auprès de la communauté machi contactée. (Photo : G. H. Shepard Jr., February, 2008)
Voici maintenant plus de trois mois que nous avons présenté à l'INRENA de Cusco (Jefatura du Parc National du Manú) et de Lima (Intendance des Aires Protégées) notre demande officielle d'entrée dans la zone interdite du parc.
Comme toujours, notre équipe s'est conformée à toutes les Lois de l'État péruvien. Nous avons respectée à la lettre toutes les règles et toutes les normes prévues par les règlements particuliers des différentes institutions concernées par l'expédition "Antisuyu 2008".
Notre équipe a, depuis des mois, le permis de l'INC-Nacional (Résolution Directoral Nacional du 7 mai 2008). Nous bénéficions du soutien des principales autorités du département de Madre de Dios (Gouvernement Regional, INC-Madre de Dios, Défense du Peuple, Ministère de la Femme et du Développement Social, etc.), ainsi que de la Fédération Native de Madre de Dios et Affluents (FENAMAD). Enfin, la Présidence du Conseil des Ministres soutient ce projet de recherche archéologique d'importance capitale pour la connaissance de l'histoire oubliée du Pérou et de l'Amérique du Sud.
Après un nombre impressionnant d'exigences, que nous avons systématiquement accomplies, l'INRENA nous demande cette fois de nous coordonner avec l'INDEPA, l'Instituto Nacional de Desarrollo de Pueblos Indigenas Amazónicos y Afros Peruanos.
Nous nous étonnons que l'on ai attendu trois mois pour nous demander une telle coordination. Nous sommes donc actuellement en contact avec cette nouvelle entité.
Selon les responsables de l'INRENA de Lima, il s'agirait de la dernière formalité avant la délivrance du fameux permis. Nul n'ignore que nous sommes fin août et que la saison des pluies approche...
Les Internautes comprendront les raisons de ce retard lorsqu'ils apprendront les dessous d'une sombre histoire, survenue récemment dans le Parc Nacional du Manú. Une affaire non encore dénoncée par les médias nationaux et internationaux. Un scandale énorme qui porte un nom : CICADA.
Plus d'Infos sur l'affaire CICADA : http://www.fenamad.org/noticias.htm#11

Dans la fumée de l’encens, le paco Porfirio, de la communauté des Q’eros, appelle la protection de la Pachamama, notre Terre-Mère, sur l’expédition et les expéditionnaires… (Photo : Mario Martinez, août 2008.)
Il y a quelques jours j'annonçais dans mon dernier rapport l'intervention du Conseil des Ministres pour régler définitivement notre demande de permis pour pénétrer dans la zone interdite du Parc National du Manú. Les services du gouvernement ont alors demandé aux diverses institutions nationales concernées par l'opération "Antisuyu 2008" (INC, INRENA, MIMDES, etc.) de nous apporter leur soutien, dans le cadre légal de la "promotion pour le développement des manifestations culturelles, de la recherche, de la préservation, de la conservation, de la restauration, de la diffusion et de la promotion du patrimoine culturel de la Nation".
Grâce à ce soutien des plus hautes instances du pays, les responsables de l'Instituto Nacional de Recursos Naturales (INRENA) de Lima font actuellement leur possible pour régler, avec la Jefatura du Parc National du Manú, les termes du permis nous permettant d'entrer dans cette zone interdite.
J'aimerais révéler ici, à tous les Internautes, notamment à tous les Péruviens, les détails de ces tractations et les raisons pour lesquelles nous avons dû, à plusieurs reprises, remettre la date de notre départ. Mais c'est impossible. Le moment viendra où vous saurez tout.
Pour l'heure, encore un peu de patience, notre date de départ est désormais très proche.
Depuis quelques jours, tous les membres de l'équipe sont arrivés à Cusco. Nous sommes quasiment au complet : Juan, Hugo, Hermo, Juan de Dios, Melque, Justo, Raúl et moi. Il ne manque plus que Mario Aroni, l'un de nos compagnons de Kishuara.
Tout le monde s'est réuni mardi dernier à Quillarumiyo, à la nuit tombée, pour réaliser notre traditionnel "pago a la tierra". C'est un site cérémoniel inca situé à une heure de route de Cusco. Ce "pago" marque généralement le départ officiel de chacune de nos expéditions. Nous avons demandé humblement la protection de Pachamama et des apus. Qu'ils nous ouvrent la route et qu'ils protègent cette expédition et tous ses participants ! Notre paco, Porfirio, et son père Martín, ont présidé cette cérémonie. Rien n'est venu troubler sa sérénité.
Avec tous ces retards, le hasard a voulu -mais est-ce vraiment un hasard ?- que mon ami Mario Martinez, sans lequel cette opération n'aurait pas été possible, soit justement à Cusco actuellement. Il a donc participé avec nous, comme membre à part entière du projet, à cette cérémonie ancestrale.
Lundi prochain devrait être une journée décisive...
Passez tous une bonne fin de semaine !
Amicalement,
Thierry

Abel Muñiz Ortega à Villacarmen, en juin 2005. (Photo : Jean-Claude Coutausse/Nacional Geographic France, juin 2005)
Après plusieurs mois d'attente et un faux départ, le Conseil des Ministres du gouvernement du Président Álan Garcia Perez a entériné, il y a quelques jours, l'autorisation nous permettant d'entrer dans la zone interdite du Parc Nacional du Manú.
Nous devrions être en mesure de vous confirmer, lundi ou mardi, notre date de départ...
Je terminerai mon rapport sur une note un peu triste : M. Abel Muñiz Ortega, membre du comité de gestion du Parc du Manú et Directeur du projet euro-peruano Promanu, s'en est allé voici quelques jours. C'était un homme d'une grande gentillesse et un ami. Toute l'équipe se joint à moi pour exprimer à Grételle notre profonde tristesse.

De gauche à droite, Hermogenes Figueroa Lucana et Mario Martinez, en bas, Thierry Jamin, en visite en Bolivie, sur le site de Tiawanacu, en septembre 2008. (Photo : Thierry Jamin, septembre 2008)
Comme je l'indiquais avant-hier une délégation de la FENAMAD est venue nous rencontrer durant plusieurs jours à Cusco. Raúl et moi lui avons présenté nos recherches réalisées dans le Parc National du Manú depuis 1998 ainsi que les objectifs de l'opération "Antisuyu 2008".
Les diverses réunions de travail que nous avons eu ensemble ont été plutôt positives et nous sommes finalement parvenus à un accord. Sous certaines conditions de sécurité, la FENAMAD accèpte de soutenir ce projet et y participera directement, avec l'envoi d'un représentant officiel. Ce devrait être Victor Manuel Kameno Manuaje, Vice-Président de la Fédération.
Lundi matin, Victor et ses deux compagnons ont réussi à joindre M. Amilcar Osorio, Jefe du Parc National du Manú. Ces derniers lui ont expliqué que la FENAMAD avait bien eu connaissance, en détails, de l'opération "Antisuyu 2008" et qu'elle donnait son accord, sous certaines conditions, à notre entrée dans la zone interdite du Manú.
Un accord me paraît imminent entre notre équipe et les responsables de la Jefatura du parc. Nous avons déjà arrêté notre date de départ. Je la communiquerai sur ce bloc lorsque nous aurons les documents en main... Ce sera pour bientôt !
Hermo, l'un de mes précieux compagnons de route, devrait finalement bien être des nôtres pour cette expédition.
Enfin, Mario Martinez, l'un de mes très bons amis, celui à qui je dois le financement de toute cette opération, est arrivé hier matin à Cusco. Il participera avec nous à une partie importante de cette opération "Antisuyu 2008". A commencer par le "pago a la tierra", qui aura lieu vendredi soir. Le mois d'août est le mois de la Pachamama. C'est un mois qui nous a toujours été favorable.

La Fédération Native de Madre de Dios et Affluents (FENAMAD) est la mieux placée pour comprendre les nécessités des communautés indigènes et pour défendre leurs droits. (Photo : Thierry Jamin, mars 2007)
Je suis allé, comme prévu, jeudi dernier à la Jefatura du Parc National du Manú afin de rencontrer le Jefe du parc. Nous nous étions mis d'accord, lors de notre dernière rencontre, sur les modalités du permis et nous devions, en toute bonne logique, le recevoir enfin... Ce ne fut pas le cas ! Nouvelle grosse déception !
Amilcar Osorio m'apprend que la FENAMAD (Fédération Native de Madre de Dios et des Affluents), lui a adressé une lettre en date du 23 juillet dernier, par laquelle cette organisation de défense des droits des Natifs avait émis un avis défavorable concernant notre entrée dans la zone réservée du parc. Je ne comprends plus rien ! Nous avons toujours eu d'excellents rapports avec cette institution et ses dirigeants. Et il était même prévu qu'un représentant de la FENAMAD nous accompagne. Il s'est vraisemblablement passé quelque chose que nous ignorons...
Dans ces conditions, m'informe le Jefe du parc, il lui est impossible de nous autoriser à pénétrer dans cette zone où vivent les Kuka Pakuris. Notre secteur d'exploration serait exactement là où ils se trouvent actuellement. Mais nos contacts locaux (des Natifs machiguengas de Mameria qui fréquentent les pueblos de la région de Lacco, aux marges du parc) nous assurent du contraire. Il n'y aurait actuellement aucun indice de la présence des Kuka Pakuris près des pseudos lacs. Qui croire ?
Raúl et moi contactons dès jeudi dernier les responsables de la FENAMAD de Puerto Maldonado et nous décidons rapidement de nous rencontrer d'urgence à Cusco pour une réunion de travail. Nous avons fixé la date à lundi prochain, 4 août, mais nos interlocuteurs préfèrent avancer la rencontre. Ce qui nous arrange également. Nous n'avons que trop perdu de temps.
Nous nous sommes donc rencontrés hier et aujourd'hui à Cusco dans une ambiance très amicale. Trois représentants de la FENAMAD ont fait le voyage : Victor Kameno Manuaje, Vice-Président de la Fédération, Danny Wilson Kughuag Cabrera, son ascesseur et Jaime Corisepa Neri, spécialisé sur les questions indigènes et sur les projets de développement et de coopération avec les communautés natives.
Nous avons examiné ensemble la situation. D'amblée, Victor, Danny et Jaime se veulent rassurants. Ils me confirment leur volonté de travailler avec nous et de contribuer au succès de cette opération. L'expérience de la FENAMAD nous serait d'une utilité extraordinaire dans le cadre de cette étude dans la zone de Mameria et celle des pseudos lacs. Une telle entreprise n'a encore jamais été réalisée. Il y a matière à une coopération fabuleuse et tout le monde en a conscience.
Notre désir de travailler ensemble va d'ailleurs bien au-delà de l'opération "Antisuyu 2008". Raúl et moi expliquons combien nous serions heureux de travailler avec la FENAMAD dans un projet de développement culturel et économique de la zone de Pusharo, au profit de nos amis Machiguengas de Palotoa Teparo. Cette dimension a toujours été présente dans nos programmes de recherche.
Pour l'heure, il fallait arrêter les modalités de notre coopération dans le cadre de l'expédition "Antisuyu 2008" et présenter cet accord, demain lundi, à la Jefatura du Parc National du Manú.
La grande difficulté était de résoudre le problème de la présence des Indiens Kuka Pakuris dans notre zone recherche. Il est clair que nous ne chercherons aucun contact avec eux. En cas d'attaque, il nous faudra quitter les lieux au plus vite... Une famille Kuka Pakuris aurait justement était signalée il y a quelques mois non loin de notre secteur d'exploration.
Il nous faut prendre toutes les précautions. A la demande de Victor Kameno, nous allons prévoir la présence d'un médecin spécialisé dans les situations d'urgence...
Nous nous sommes donné rendez-vous très tôt demain matin à l'hôtel où ils sont descendus. Nous irons ensemble à la Jefatura pour rencontrer M. Osorio.
La situation pourrait ainsi se débloquer très rapidement et nous pourrions avoir ce permis en début de semaine. Le départ suivrait alors de quelques jours...
Justo, l'un des frères d'Hermo, est venu me voir à la maison en fin d'après-midi. Il venait aux nouvelles. Toute l'équipe est sur le qui-vive et prête à partir.
J'ai aussi reçu une nouvelle importante de mon compagnon Hermo : il ne pourra peut-être pas m'accompagner sur cette expédition, pourtant si décisive. Ses supérieurs désirent en effet l'envoyer mercredi sur une mission qui devrait durer vingt jours.
Je terminerai ce rapport par une nouvelle positive : mon ami Mario Martinez, à qui je dois tout le financement de cette opération "Antisuyu 2008" arrivera demain en fin de matinée à Cusco, pour quatre semaines. Son séjour risque d'être un peu mouvementé...

L'Inca apparaît soudain, le jour de l'Inti Raymi...
Nous sommes allés hier, vendredi, Raúl et moi, à la Jefatura du Parc National du Manú où nous devions, en principe, recevoir le document écrit nous autorisant à pénétrer dans la zone réservée du parc.
À ma grande déception, le permis n'était toujours pas rédigé. Amilcar Osorio, le jefe du Parc, nous explique que nous devrions avoir ce permis mercredi prochain, 23 juillet.
Tout le monde était prêt au départ. Mais que pouvons-nous faire ? Je ne saurais vous décrire l'état de stress dans lequel je me trouve ces jours-ci.
Nous avons dû revoir notre programme. Dans l'hypothèse où nous aurions ce permis mercredi, le depart interviendrait le 25 juillet prochain.
Nous avons dû aussi reprogrammer la phase de survol en hélicoptère de notre zone de recherche et l'hélitreuillage de l'équipe et du matériel dans la zone d'exploration. Fort heureusement, Sophie Brognaux, l'une des responsables de la société Helinka est adorable et s'adapte à la situation.
Nous allons mettre à profit ces quelques jours supplémentaires à Cusco pour améliorer au maximum notre logistique.

La Virgen del Carmen, le 16 juillet de chaque année. Un magnifique synchrétisme entre la religion catholique et celle des anciens maîtres de Cusco...
Nous avons rencontré, hier après-midi, jour de la Virgen del Carmen, les responsables du Parc Nacional du Manú à la Jefatura de Cusco. Nous devions cadrer les détails de l'expédition, notamment dans la zone nord de Mameria. C'est une zone particulièrement dangereuse, nous a rappelé Ninosca, une biologiste qui travaille pour le parc depuis plusieurs années. Il y a des communautés "non contactées" qui peuvent nous attaquer aux flèches. Nous ne devrons en aucun cas chercher à les contacter. Cela pourraît tourner mal. Amilcar Osorio, le Jefe du parc, nous demande d'emmener avec nous deux gardes parc.
Nous devions également évoquer l'utilisation de l'hélicoptère. Nous avons expliqué à M. Osorio que nous n'avions pas le choix. Notre zone de recherche est beaucoup trop éloignée et difficile d'accès pour permettre un accès par voie terrestre. Ou alors, il aurait fallu doubler le nombre des personnes et la logistique. Ce qui n'allait pas dans notre logique "écologique". Cela aurait aussi compromis le succès de cette opération. Cela a bien été compris par le Jefe du parc. Celui-ci va d'ailleurs participer, avec nous, aux opérations de survol, le 1er août prochain.
Après des semaines d'attentes, nous devrions finalement recevoir le permis demain vendredi...
J'ai aussi rencontré Justo, le frère d'Hermo. Il était de passage à Cusco et repartait ce matin pour la vallée de Lacco. Il m'a informé que les mûles ne seront prêtes que mardi matin pour continuer notre route au-delà de Colca. Du coup, il ne sert à rien de partir dimanche. Je préfère remettre le départ à lundi prochain 21 juillet. Il y a tellement à faire ici...
Hermo m'a rendu visite ce matin. Il a l'autorisation de sa hiérarchie pour se joindre à nous, en compagnie de Juan de Dios. Nous devons réviser le matériel et le système satellitaire Inmarsat demain après-midi...
De son côté, Raúl devait contacter aujourd´hui un cameraman de Lima qui devrait nous accompagner, à mes frais, durant toute l'expédition. Cela me semble indispensable. Ce sera un témoignage quel que soit le résultat de ces recherches.
Je repense à ce que nous a dit Ninosca hier. Cela me fait prendre conscience plus encore des risques que nous serons peut-être amenés à prendre au cours de cette expédition. L'enjeu en vaut-il la chandelle ? J'ai tendance à penser que oui. Mais c'est peut-être de l'égoïsme.

Thierry Jamin teste la balise de géolocalisation Spot Televizio.
Nous sommes à quelques jours du départ et il y a encore mille choses à régler. Nous devons nous coordonner actuellement avec les responsables de la Jefature du Parc National du Manú (INRENA), notamment pour l'utilisation de l'hélicoptère dans la zone protégée... Nous devons démontrer que l'utilisation de cet appareil sera sans influence sur la faune et la flore du parc. Herbert et Raúl m'aident énormément. Sans eux, j'aurais bien du mal à tout mettre en place.
Il faut aussi boucler la logistique, préparer les 4X4, programmer l'hélico, et préparer le "pago a la tierra" que nous ferons samedi soir. Juste avant de partir.
Nous avons réviser le système Inmarsat et la Balise Spot, pour la géolocalisation de notre groupe, quand nous serons sur le terrain.

Zone de recherche
Chers Internautes, Chers amis,
Avant toute chose mon équipe et moi vous souhaitons la bienvenue sur ce blog consacré à l'expédition "Antisuyu 2008". Nous nous efforcerons de le mettre à jour le plus souvent possible lorsque nous serons sur le terrain. C'est tout l'intérêt de ce système.
Le départ de mon équipe est désormais imminent.
Après une dizaine d'années de recherches passionnées, au coeur de la jungle du Madre de Dios, dans le sud-est du Pérou, sur les traces de la présence permanente des Incas en forêt amazonienne péruvienne, mon équipe et moi avons acquis la certitude de l'existence d'un grand "centre de population" caché quelque part dans la zone réservée du parc national du Manú.
L'année 2006 a été pour nous une année charnière. Elle nous a permis de mieux comprendre le message de pierre gravé sur la paroi principale de Pusharo. Nous avons pu localiser une douzaine de sites naturels ou archéologiques, signalés de manière très précise sur cette "carte géographique mémoire". Une carte réalisée par les Incas vers la fin du XVème siècle pour leur permettre de se déplacer dans la jungle sans se perdre, jusqu'à un lieu de destination encore inconnu...
Des indications reccueillies auprès des Natifs de la forêt, l'étude d'une vieille carte mentionnant l'emplacement de deux étranges "lacs" parallèles, l'examen attentif de cartes modernes et de clichés satellites nous ont permis de localiser, au nord de la cité de Mameria, une zone géostratégique exceptionnelle présentant de grandes similitudes avec l'emplacement du Machu Picchu.
Si les Incas ont bien vécu dans cette région, ce que demontre la découverte de Mameria (1979), il nous semble impossible, connaissant leur stratégie d'implantation humaine, qu'ils n'aient pas remarqué l'intérêt particulier de ce site ceinturé par d'énormes étendues d'eau. Un site inexpugnable où ils pouvaient construire une grande ville, comme a pu l'être Païtiti...
L'objectif de l'expédition "Antisuyu 2008" est d'aller vérifier sur place l'existence -ou l'absence- d'un site archéologique majeur à l'endroit repéré. Ici se cache peut-ètre l'ancienne capitale de l'Antisuyu inca et bien plus encore...
La difficulté est d'atteindre cette zone reculée qu'aucune expédition moderne n'a encore jamais explorée. Située à quinze kilomètres au nord de Mameria, elle est localisée sur le territoire des Indiens Kuga Pakuris. Il s'agit d'une tribu de la branche des Amawakas dont la réputation est assez mauvaise.
C'est en traversant ce territoire que disparurent en effet Serge Debru et ses deux compagnons, Bob Nichols et Georges Puel, en 1971, lapidés, dit-on, par les Kuga Pakuris. C'est aussi en approchant de cette zone que disparut, en 1997, l'explorateur scandinave Lars Hafksjold. Les responsables de l'INRENA de Cusco nous ont d'ailleurs mis en garde : nous devrons pénétrer dans la région en connaissance de cause. Les membres de mon groupe ont dû signer une décharge, par laquelle chacun reconnaît et assume les risques de cette expédition.
Après des mois de préparation, notre équipe est enfin prête à partir. J'ai le plaisir de vous annoncer notre départ pour le 20 juillet prochain. Cette campagne d'exploration devrait durer un mois.
Nous partirons dimanche prochain de Cusco en 4X4 vers le nord et la vallée de Lacco. Dans le petit village de Colca, nous abandonnerons une partie importante de notre logistique. L'un d'entre nous, Juan de Dios, sera chargé de veiller dessus le temps nécessaire. Puis nous continuerons notre route jusqu'au terminus de la piste. Là, nous laisserons nos trois 4X4 pour charger nos affaires sur des mules. Nous prendrons alors la route du Parc Nacional du Manú et de Mameria. Nous devrons ensuite nous passer des mules pour terminer le chemin à pied, à travers les cols andins de la Quebrada de la Merced et la forêt du Manú.
Nous devrions atteindre Mameria une semaine après notre départ de Cusco. Là, nous nous installerons près du site durant plusieurs jours afin d'y réaliser une première étude scientifique. Celle-ci n'a jamais été réalisée depuis sa découverte en 1979, par mes amis Nicole et Herbert Cartagena. Nous serons également en contact avec la communauté machiguenga qui vit encore dans cette zone.
Le 1er août suivant, jour de la Pachamama, notre Mère Nature, un hélicoptère Alouette de la société Helinka, partira de Cusco avec à son bord un "Superviseur" de l'INC Cusco et Nicole de Cartagena. Direction Mameria. Voilà trente ans que Nicole rêve de revenir sur les lieux de sa découverte et de retrouver ses amis Machis... Ne serait-ce que l'espace de quelques heures.
Parvenu à Mameria, l'hélicoptère doit m'emmener ensuite, en compagnie de l'archéologue péruvien Raúl del Mar et de mon compagnon Hermo, à quinze kilomètres plus au nord, sur la zone même de notre exploration. Un premier vol de reconnaissance et la recherche d'un lieu adéquat pour établir notre camp de base.
Après quoi l'hélico aura pour tâche de ramener la logistique laissée à Colca et de déposer toute l'équipe à l'endroit choisi dans la "zone rouge", avant de rentrer sur Cusco.
Puis ce seront vingt jours environ d'exploration. Nous devrions être fixés assez rapidement sur la présence (ou non) de la cité de nos recherches.
Grâce au système satellitaire INMARSAT, nous pourrons envoyer régulièrement des informations et des images sur ce blog spécialement aménagé à cet effet. Vous pourrez suivre, presque "en direct", l'avancée de cette exploration depuis le coeur de la forêt amazonienne péruvienne. En cas de découverte, vous serez à l'avant poste !
Grâce à un partenariat avec la société TELESPAZIO France, et par la magie de la technologie de géolocalisation de la balise satellite SPOT TELIVIZIO, vous pourrez également nous localiser directement par un système de cartographie satellite, accessible également depuis ce blog. On n'arrête pas le progrès !
Mes compagnons et moi avons vraiment l'impression que nous touchons enfin au but, que la réponse à ces années de recherches se cache quelque part, là où nous irons dans quelques jours maintenant. La clé y est cachée, j'en suis convaincu. Une partie importante de l'histoire oubliée de l'Amérique précolombienne va peut-être resurgir bientôt de ce coin perdu de la forêt amazonienne. La solution est proche. Nous la sentons imminente.
En espérant que la Pachamama et les Apus des Andes et de la forêt nous accompagnent, je vous donne rendez-vous le plus régulièrement possible sur ce blog pour suivre nos avancées sur les traces de la ville perdue des Incas.
Bien Amicalement A Vous,
Thierry Jamin

Le Parc National du Manú, théâtre des opérations de l'expédition Antisuyu 2008
Notre équipe achève actuellement les préparatifs de l'expédition "Antisuyu 2008". Nous attendons maintenant le feu vert des responsables du Parc National du Manú pour confirmer notre date de départ et programmer l'opération en hélicoptère.
Grâce à notre système satellitaire embarqué, nous devrions pouvoir faire vivre "en direct" aux Péruviens la réalité d'une expédition en pleine jungle amazonienne. Et si nous découvrons quelque chose... ils seront les premiers (avec les Internautes de http://www.granpaititi.com!) à découvrir la face cachée de leur histoire.